Inherent Vice, de Paul Thomas Anderson, 2015
Oui. Oui. Oui. Je sais. Une semaine pour vous pondre un nouvel article. Mais laissez moi me défendre que diable. Loin de croire qu'une foule assoiffée de ma lyre ne soit en train de décider si oui ou non je vais être pendu ou non, je me sens néanmoins assez mal vis à vis de vous. J'ai eut une longue semaine. Tout d'abord parce que la plus jolie de toutes les petites fées est né le premier avril, ma filleule. Me voici donc devenu Don Jay, dangereux criminel cinéphile du net, venu tout droit de la province de Liège. Je suis le plus heureux de tout les parrains. Mais parce qu'aussi, j'ai eut beaucoup de mal à trouver un film qui me passionne assez pour en faire un article. Ce soir je serais à Mons, au festival de la Fantasy, Trolls & Légendes, et ne saurais donc vous pondre un article pour rattraper ce retard. Néanmoins je vous promet plusieurs articles qui viendront dans les jours prochains, des hors séries, et de quoi vous mettre sous la dent!

Je vous parlerais donc aujourd'hui de Inherent Vice. Commençons par l'essentiel. Je suis un amoureux profond de Joaquin Phoenix. Ce mec, plus souvent connu pour son rôle de méchant dans Gladiator, est l'un des talents du cinéma américain qui me rappelle que le cinéma n'est pas mort. Non, il ne l'est pas. Joaquin Phoenix joue avec talent, et s'implique énormément, allant parfois à se confondre avec ses propres roles, comme il le fait dans I'm still here (dans lequel il joue son propre role), Two Lovers, We own the night, Walk the Line, Her (que je n'ai pas encore eut le courage de regarder, honte à moi), Le Village, etc. Cet acteur ne rate aucun de ses rôles et m'apporte toujours plus de passion lorsque je le redécouvre dans l'un de ses films. Du coup, lorsque j'ai appris le tournage d'Inherent Vice et que Joaquin en ferait partie, mieux qu'il en serait le héros principal, j'ai sauté au plafond. Rien que les bandes annonces traduisaient déjà l'ambiance qui est celle du film... Ce petit coté vieille Amérique, la drogue, le sexe, l'alcool, la déchéance d'un homme et son retrait de la société. Tout me plaisait. Et ce qu'il me plait encore plus, c'est que Joaquin est une sorte de d'ovni du monde américain, qui se trouve en dehors de tout et qui ne semble pas perturber du fait qu'il est complètement rejeté par ses pairs. Il se fiche d'être prit pour un idiot, il vit sa vie et trace son chemin. Doc, comme on le nomme dans ce film, est à la fois un paria et une personne très inquiète pour ses compagnons humains. Si beaucoup le voient comme un hippie, un rebus, un déchet de la drogue qu'il consomme avidement, il est au contraire très soucieux des autres et s'implique. Il est détective privé non pas pour le fric, mais par pure volonté d'aidé. Et c'est cette dualité entre le regard des autres et ce qu'il est vraiment qui m'a plut.

L'humour de ce film, parfois suggéré en gros plan, des clins d’œil au public, m'a beaucoup fait rire. Inherent Vice c'est un voyage, embrumé par les drogues de Doc. Attention, ce film ne parle pas réellement de drogue, nous ne sommes pas face aux divagation de Joaquin Phoenix, mais toute personne qui aura déjà fumé un pétard comprendra ce sentiment de retrait que fait ressentir ce film. Néanmoins, qu'il n'y ait pas de méprise, Inherent Vice est bien un film noir, avec une ambiance sombre, de flic corrompu, comme l'est L.A. Confidential ou le Dahlia Noir.
Le reste du casting est excellent. J'ai été très surpris de voir Owen Wilson dans ce film qui est de premier abord très sérieux. C'est le genre de découverte qui fait plaisir. Vous me suivez? Les acteurs qui ont l'habitude de tenir des rôles dans des films comiques font d'autant plus plaisir lorsqu'on les découvre en rôle sérieux. Tout comme Ben Stiller dans The secret life of Walter Mitty, ou Jim Carrey dans The Majestic ou Man of the moon, même si ce dernier possède parle d'un humoriste (mais qu'attendez vous! je ne les citerais pas s'il ne s'agissait pas de petites perles du cinéma américain!). Ainsi, Owen Wilson campe un personnage assez intéressant, et qui à son arrivée a provoqué chez moi un magnifique "mais, mais, mais putain! c'est Owen Wilson!". Josh Brolin quand a lui m'a bien plu. Néanmoins, il apparaît de plus en plus souvent dans ce style de film, dans une ambiance d’Amérique des années 60 et cela me fait peur. Je crains qu'il n'enferme sa carrière dans d'éternel rôle similaire, même si ici, il campe un flic assez intéressant. Regardez le manger son Frisco et dites moi ce que cela vous a évoqué :)

Donc Inherent Vice est un bon film, mais il possède un coté Ovni. En réalité, je vais le regarder une deuxième fois. Je ne suis pas sur d'en avoir saisi toute la subtilité. Pourquoi avoir écrit un article sur un film qui provoque un doute? Tout simplement parce que ce doute doit être partagé. A quoi bon regarder un film qui ne se regarde qu'une fois? Ne connaissez vous pas le plaisir de pouvoir lire un livre et de le relire encore et encore sans jamais vous lasser? Pour les films, le phénomènes m'est similaire ( V for Vendetta, Flash Gordon, The Empire Strikes Back, A Single Man, etc...).
Amis cinéphiles, je vous laisse à votre vie, je file me préparer pour ce qui s'annonce être un festival de malade, a bientôt,
votre Jay
PS: Je m'excuse pour les gifs montre des gestes peu recommandable dans un milieu social. Néanmoins, ils sont très représentatifs du coté décalé du film.