The Book of Eli, de Albert et Alen Hughes, 2010
(VF: Le livre d'Eli)
Certains films sont des coups de cœur pur et simple. Les raisons sont diverses. Qu'il s'agisse d'un rapport avec notre vécu, qu'un morceau favori soit intercalé au bon moment, ou que la philosophie du film nous correspond, certains films apparaissent ainsi dans notre vie et nous font trembler. The Book of Eli m'a parlé parce qu'il est arrivé en plein ma période de fascination pour les univers post apocalyptique. McCarthy et son roman The Road m'avait déjà beaucoup perturbé (en bien), mais Eli et son univers graphique m'apparut comme une révélation.
Pour moi, il est au film post-apocalyptique ce qu'Equilibrium est au film d'Anticipation. Je m'explique. Il allie la volonté de faire passer un message tout en captivant le public avec des scènes d'actions bien américaine. Et les réalisateurs le font avec beaucoup de subtilité ce qui empêche leur oeuvre d'oublier son but premier.
L'histoire est simple. L'univers tel que nous le connaissons a disparu. Il ne reste que ruines et ce autant sur terre que dans la civilisation de l'homme. Les survivants sont rare et souvent revenu à l'age de la pierre. Les forts terrorisent les faibles.
Eli est un pèlerin de ce monde, transportant un lourd fardeau vers l'Ouest. Carnegie est un chef de bande convaincu qu'un livre pourra lui donner le pouvoir de contrôler les foules et ramener la paix...
J'aimais beaucoup cette affiche japonaise qui, contrairement aux affiches européennes et américaines, se concentre sur le décor et non sur le coté "action" du film.
La force de film réside dans l'interprétation inattendue de Denzel Washington qui incarne ce personnage étrange et mystérieux qu'est Eli. Durant le voyage dans lequel il nous entraîne, on ne cesse de se demander "Mais qui est ce type?". Il est l'ami, le mentor, le père, qu'on voudrait avoir. Il nous rassure dans ce monde de brute. Je n'ai jamais vu Denzel Washington comme un grand acteur, et c'est une erreur. Je ne dis pas cela par rapport à ce film, mais tout simplement parce que je trouve qu'il tourne dans beaucoup de film hollywoodien et ne prend jamais de véritable risque. Mais une fois de plus, il montre qu'il sait varier ses rôles et il le fait avec brio.
Notons la performance de Gary Oldman en Carnegie en allégorie du démon chez l'homme. Le désir, le pouvoir, la luxure, et tant d'autres. Les péchés se retrouvent en lui. Je l'aime beaucoup dans ce film, car il est abjecte, répugnant, autant dans son apparence que dans son jeu. Il est à l'image de ce monde, dévasté par les erreurs de son passé, et qui n'a toujours pas compris comment il fallait se relever. La vérité est ailleurs, comme toujours.
Mila Kunnis est à mon sens assez simple. Ni étonnante ni nulle, son rôle est la touche d'innocence qui rappelle la volonté de faire de The Book of Eli un film tout public.
Mention spéciale pour Atticus Ross qui m'a époustouflé avec sa bande annonce. Elle m'éveille encore certains matin, en douceur mais avec punch.
Un film à voir. Un coup de cœur.







