vendredi 20 février 2015

Le jour où j'ai attraper une MST : Méprisante sortie télévisée.

Fifthy Shades of Grey, de Sam Taylor-Johnson, 2015 (VF: 50 nuances de Grey)



Les articles qui ont insulter, critiquer de manière négative, ont plu par millier à la sortie de ce film. Les réseaux sociaux ont été noyés sous les critiques, les plaisanteries, on ne compte plus les images satyrique et autres parodies de ce film qui s'est imposer sur le net comme dans notre vie comme un phénomène de mode. En bref, on en a ras le bol de Christian Grey et de sa polémique! Qu'il nous foute la paix. Que tout le monde arrête avec cela. Que vous aimiez pas ce film, pas besoin de pourrir la vie de tout un chacun en le tournant en dérision dès que cela est possible. 


Par ailleurs...

J'ai attendu quelques temps avant de voir ce film. Pour être débarrassé de toutes cette haine envers ce film. Certes, l'histoire ne me plait pas. Le livre ne m'était pas apparu comme étant une oeuvre de grande qualité. Mais je voulais voir ce film et lui laisser sa chance, pour que mon opinion soit dénuée de toute influence. Et c'est alors que je vous livre mon avis. Je m'efforcerais de ne pas m'attarder sur ce qui est bien ou mal, mais plutôt de rappeler ce qui manque à ce film pour qu'il passe de phénomène de mode à chef d'oeuvre.



Je tiens à préciser que cet article sera un peu plus NSFW (Not safe for work), c'est à dire qu'il traitera de sujet un peu plus osé. Soyons clair, ramenez vous les pervers, aujourd'hui, on va parler cul. Mais pas que et c'est ainsi que j'aborde mon premier point.

1. La partie chiante, celle ou on parle de cul.


Ce film a provoqué un grand malaise chez moi. La raison? Le manque flagrant d'amour. Je sais que nous sommes dans une société où le sexe est banalisé à son paroxysme. Les adolescents ont de plus en plus accès à la pornographie dès le plus jeune age avec internet, qu'on nous bassine avec des femmes nues à chaque pub de gel douche et qu'avoir un sexfriend est aussi banal que de choper de l'acné. Mais j'ai été fortement perturber par le fête que ce film semble encourager l'acte sexuel sans sentiment. Car oui, éclairons les choses, le sadomasochisme est un acte d'amour. Car même si cette pratique peut paraître extrême ou bestiale (dégradante me direz vous), le SM est un acte d'amour extrême qui montre la confiance que deux être ont l'un en l'autre. Contrairement à ce que le film tend à nous faire croire, on ne place pas son corps dans les mains d'un parfait inconnu. C'est quelque chose que l'on fait après avoir passé du temps avec son compagnon/sa compagne, après avoir eut le temps de se connaitre, et surtout connaitre les limites de chacun. Le but du SM n'est pas d'avoir mal ou d'infliger de la douleur, ni d'avoir du contrôle sur l'un ou de perdre le contrôle. Le SM c'est l'exploration de l'autre, au-delà des sensations, c'est la fusion totale de deux êtres. Lorsque la douleur devient plaisir, c'est la preuve authentique que l'amour surpasse tout. La douleur et le plaisir sont étroitement liée, et lorsqu'on arrive à donner du plaisir par la douleur, ou par la soumission, c'est que l'on poussé les limites de la confiance et qu'on peut se fier totalement l'un dans l'autre. 

C'est en cela que ce film m'a beaucoup choqué. Anna Steel confie son corps et sa confiance à un parfait inconnu. Certains me diront que c'est ce qui l’excite mais eh oh, qui est Anna Steel?

C'est une jeune fille sage  (je n'ai pas dit coincé), qui rêve d'amour et d'aventure, et qui n'a jamais abordé le sujet SM ne serait qu'avec elle-même. Qui est excité par cet acte? Christian Grey.



Je ne parlerais pas de viol. C'est idiot. Ça n'est pas cela. Car nous sommes dans un film, et ce qui peut paraître comme un viol avec notre regard extérieur, ne l'est pas dans un univers cinématographique. Néanmoins, Christian Grey ne pratique pas le SM avec la jeune fille parce qu'il veut pousser leur relation aux confins de la confiance mais pour exprimer ses tendances dominatrices sur de la chaire fraîche. Anna Steel n'est pas adepte du sadomasochisme. On ne devient pas sadomasochiste. On l'est ou on ne l'est pas. 

Et il exerce de son pouvoir manipulateur en la forcant à accepter le fameux contrats qui les lie entre eux, lors d'un ébat. La récompense pour avoir accepter son contrat? Une partie de jambe en l'air. En plein acte et dans les tensions sexuelles et sensuelles, personne n'est très sain d'esprit. 



Contrat. Le SM se découvre à deux. Ce contrat est une aberration. On dirait un menu de restaurant. Reprendez vous un peu de corde après deux godes michet? 

Je terminerais pour la partie sexuelle sur le fait qu'avec la société de banalisation de l'acte, mais surtout du commerce du corps féminin que ce soit dans les pubs ou dans la mentalité des gens, et ce même si la sexualité des femmes a gagné énormément en libération ces dernières années, le film est beaucoup trop centré sur le plaisir de Mister Grey. Car on veut nous faire croire que ce film nous raconte la découverte sexuelle de la jeune Anna Steel, alors que les scènes montrent toujours un Christian Grey dominateur.

Normal avec du SM? Non. Le sadomasochisme est un partage. On ne se soumet pas à l'autre parce qu'on veut lui faire plaisir, mais parce qu'on le veut. On veut vivre quelque chose à deux.

2. La partie plus détendue, le film en lui même

Dépassé le stade de la sexualité et de tout ce qu'il m'évoque, je trouve ce film pas si médiocre que ce que tout le monde essaye de nous faire croire. Quand on regarde le tout avec un peu de recul, on est en face d'un film d'amour américain bidon. Comparé le à Pretty Woman, on est pas si loin. Même si Anna Steel n'est pas une call girl (j'ai épuisé mon taux d'allusion sexuelle pour aujourd'hui), on est en face d'une jeune fille venant d'un milieu un peu fauché, qui rencontre un homme riche parfait, et il sorte ensemble. Si on enlève le coté sexe du film, on en est là.

Le jeu d'acteur est épuisant. Je me suis fais chié. Royalement chié. Je sais que c'est une adaptation mais pitié, messieurs les réalisateurs, essayer de prendre un meilleur casting. Christian Grey est cliché. Il n'y a pas besoin qu'un acteur prenne en permanence un regard distant avec un sourire genre "je pense à plein de truc en même temps mais je ne vous dirais rien" pour avoir l'air mystérieux. Un mec "parfait" physiquement n'est pas spécialement sexy. Parfait dans le sens: musclé, bien rasé, voix grave et profonde, bien fringué, du fric, des manières, etc... L'imperfection rend sexy. Et ne parlons pas de Miss Steel. Avec sa voix en souffle, son jeu d'acteur qui frôle la jeune fille coincée clichée, et ses regards apeuré et faussement surpris. On peut vivre absent de la réalité et être naïf, mais pas à ce point là.




Choisissez mieux vos acteurs. Merde, je veux pas être pénible mais prenez des acteurs moins parfait et la tension sexuelle et sensuelle vous l'aurez. Mathew Goode et Anna Kendrick par exemple. Deux acteurs qu'on ne voit vraiment pas ensemble mais dont l'association aurait été d'autant plus originale et crédible. Car c'est en cela que ce récit est intéressant au départ. Deux êtres complètement différents qui partage une intimité profonde!

J'aborderais pas la lenteur du film. Mais plutôt le fait qu'entre le début et la fin du film, j'ai fini par me demander mais... qu'est-ce que cela m'a apporté? Quel est le but? A part montrer du cul, donner une mauvaise image de la sexualité au jeune fille les plus crédible et faire du fric sur le dos de l'inconscience?

Je ne vous dirais pas de ne pas allez voir ce film. Mais regardez le avec des pincettes. Tout comme on le dit avec les jeux vidéos ou les films d'actions, ce que l'on voit dans les films n'est pas la réalité, ca n'est même pas le reflet de la réalité, c'est une fiction.

Amis cinéphile, 
Je vous laisse à vos nœuds et vos menottes,
Votre mystérieux,
Master Jay 
;)

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